La Liberté

C’est l’arbre qui cache la forêt?

Philippe Troyon, architecte-paysagiste, Fribourg

Publié le 03.05.2024

Temps de lecture estimé : 1 minute

Je reviens sur un article de La Liberté du 25 avril concernant l’arbre de Pringy qui ferait chicane. J’ai un grand respect pour les politiques et les personnes qui s’engagent pour la collectivité: cela demande beaucoup d’investissement, mais également de responsabilités. Rapportées par les médias, leurs déclarations sont trop souvent prises pour parole d’évangile. Ainsi, la vice-syndique évoque un éventuel déplacement de l’arbre (mais on ne peut le faire pour un arbre de cet âge, selon des spécialistes), en entier ou sous forme de greffons, et semble placer les «intérêts publics prépondérants» à l’endroit qui a l’air de lui convenir.

A qui cela profite-t-il réellement? L’impact paysagé et patrimonial de cet arbre est totalement ignoré: en arrivant à Pringy, il est comme un gardien, visible de partout, et fait partie du village, au même titre qu’une belle ferme. Son abattage serait une perte, mais perceptible hélas seulement après sa disparition. Pourtant, un projet bien réfléchi pourrait parfaitement l’intégrer et même le mettre davantage en valeur.

Par ailleurs, la valeur pécuniaire d’un arbre est trop peu prise en compte par nos décideurs et les promoteurs. Or elle devrait rentrer dans la pesée d’intérêts avant toute mise en branle d’une tronçonneuse. Cet arbre de Pringy à une valeur estimée à 200 000 francs! C’est un véritable capital et ce n’est pas le prix d’un greffon! Le maintien du tissu arboré devrait être une priorité dans chaque projet à l’heure du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité. C’est une question de bon sens et de responsabilité de la part de nos élus.

Articles les plus lus
Dans la même rubrique
La Liberté - Bd de Pérolles 42 / 1700 Fribourg
Tél: +41 26 426 44 11